HIVR4P 2014 : Amélioration de la "cascade des soins" dans une étude en Afrique du Sud

La mise sous traitement antirétroviral dès le diagnostic de séropositivité permet-elle de diminuer l’incidence à un niveau populationnel ?
Publié le 29.10.2014.

C’est la question à laquelle essaie de répondre l’étude ANRS 12249 Tasp (Treatment as prevention), menée dans la province sud-africaine du KwaZulu-Natal, qui présente l’une des plus fortes prévalences du VIH au monde (16,9% en 2012). Il s’agit d’un essai d’intervention dans lequel des zones géographiques comparables (« grappes ») sont définies, et sont ensuite réparties dans deux groupes.

Le dépistage est systématiquement proposé à tout le monde, mais dans le premier groupe les personnes qui découvrent  leur séropositivité ont la possibilité de commencer un traitement tout de suite, tandis que dans le deuxième on applique les recommandations nationales avec une mise sous traitement en dessous de 350 CD4/ml3.

François Dabis (ISPED) et Joseph Larmarange (IRD) ont présenté les résultats de la première phase de l’essai lors d’une rencontre organisée à l’Alliance française en présence de Madame Elisabeth Barbier, Ambassadrice de France en Afrique du Sud. Ces données portent sur 12 000 personnes, incluses dans 10 grappes (sur 22 grappes prévues au total).

Même s’il est trop tôt pour avoir des données d’incidence, on peut déjà voir les effets de l’étude sur chacune des étapes de la cascade de soins dans les zones participant à l’étude: des améliorations notables ont pu être observées dans le nombre de personnes diagnostiquées (environ 25% des 2 570 personnes identifiées séropositives l’ont appris grâce à l’étude), dans le pourcentage de patients reliés au soin et, enfin, dans le taux de personnes ayant une charge virale indétectable pour qui le risque de transmission est proche de zéro.

Des données quantitatives plus précises seront publiées dans les semaines à venir. Entretemps, l’équipe de recherche devra répondre à de nouveaux défis : l’Afrique du Sud a annoncé qu’elle entend s’aligner très prochainement sur les recommandations de l’OMS (mise sous traitement et en dessous de 500 CD4/ml3), ce qui devrait induire des modifications dans le protocole de l’étude.

 

Veronica Noseda - Sidaction