IAS 2013, la réponse immunitaire.

Stimuler ou bloquer la réponse immunitaire : pas si simple.
Publié le 05.07.2013.
Pour le deuxième jour de conférence, la session plénière du mardi matin a reflété un large panel de questions à l'image de la variété des disciplines des chercheurs présents dans la salle. L'inflammation dans l'infection par le VIH, la recherche en prévention et les facteurs structurels tels que la pauvreté, ou l'inégalité des genres et notamment les lois de criminalisation de la transmission du VIH, ont fait l'objet de différentes présentations.
 
 
Voici un focus sur le premier exposé : Daniel Douek, chef du service d'immunologie, du Vaccine Research Center, au National Institutes of Health (NIH, aux Etats Unis), un des précurseurs dans la prise en compte de l'activation immunitaire (AI) due à la translocation microbienne dans l'infection par le VIH, était au pupitre. Il a expliqué la mise en place de cette AI dès les tous premiers stades de l'infection, sa persistance indépendamment de la diminution de la charge virale et sa corrélation avec l'évolution vers le stade sida.
 
 
Puis, il a affiché la question suivante « l'activation immunitaire est-elle pire que le virus ? ». Pour adresser cette interrogation deux études ont été effectuées chez le singe impliquant l'interféron (IFN, protéine naturellement produite par les cellules dans le cas d'infections ou de cancers, stimulant la réponse immunitaire).
 
 
La première étude visait à retarder l'effet de l'IFN (avec un « anti Type I IFN receptor ») lors de l'infection par le SIV (virus de l'immunodéficience simienne, modèle pour l'étude du VIH), la deuxième à l'amplifier (avec injection d'IFN).
 
 
L'évolution de l'infection s'est montrée fatale pour les singes dans la première étude, alors que dans la deuxième ils semblent temporairement protégés. Cela amène la conclusion de D. Douek qui, entre le virus et l'AI, attribue le rôle le plus délétère au virus. Néanmoins, suite aux injections d'IFN, l'infection est retardée, mais le singe fini par être infecté après plusieurs expositions.
 

Et dés lors, son infection évolue plus rapidement avec une charge virale plus élevée que dans le cas contrôle (ni inhibition, ni amplification d'IFN). Ici, la complexité de l'infection par le VIH, du fait qu'il s'agit d'un virus qui infecte le système immunitaire, est parfaitement illustrée.