IAS 2013, zoom sur la période initiale de l'infection

Infection par le VIH : la phase aiguë
Publié le 05.07.2013.
La phase aigue de l'infection par le VIH désigne la période suivant immédiatement l'infection. Elle est caractérisée par une dissémination du virus dans les différents compartiments de l'organisme et une augmentation rapide de la charge virale plasmatique (quantité de virus dans le sang) jusqu'à un niveau très élevé (plus de 106 copies ARN-VIH/mL). Quelques semaines après l'infection, lorsque la réponse immunitaire se met en place et que les anticorps apparaissent, la charge virale baisse.
 
La phase chronique succède alors à la phase aigue. Les études tendent à montrer que cette période initiale de l'infection, pouvant aller jusqu'à quelques mois, s'avère cruciale pour la suite. Lundi 1 juillet à Kuala Lumpur, les derniers travaux visant à mieux comprendre le déroulé et l'impact de cette phase aigue et leur implication sur l'évolution de l'infection ont été présentés.
 
Limitant la progression de la maladie, la présentation des antigènes (présentation des différents éléments du virus au système immunitaire, engendrant une réponse de l'organisme) dès le début de l'infection pourrait être corrélée à un effet protecteur, selon I. Saulle (Italie).
 

K. Reddy (South Africa) a présenté l'identification d'un variant de la protéine Vif du VIH de type C, potentiellement sélectionné au début de l'infection. Cette sélection, lorsqu'elle a lieu, favorise une charge virale plus élevée par la suite, au cours de l'infection. Le rôle de la protéine Vif est de contrecarrer la protéine cellulaire APOBED3G, facteur de restriction de la réplication du VIH.
 

E. Cohen (Canada) a, pour sa part, démontré que l'inhibition de l'action de Vpu, une protéine virale chargée de contrecarrer un autre facteur de restriction : BST2, permet aux cellules dendritiques (de type plasmacytoïde, CDp) de mieux reconnaitre les CD4 infectés par le VIH. En effet, le rôle de BST2 est de retenir les particules virales à la surface des cellules infectées, ce qui permet une bonne reconnaissance de celle-ci par les CDp.
 
Enfin, L. Weiss (France) a montré que si l'activation immunitaire était liée à la mesure de l'ADN-VIH (représentant la taille du réservoir) chez les patients présentant une charge virale détectable, ce n'était pas le cas en présence de traitements. Dans ce contexte, les deux éléments ne sont donc probablement pas directement corrélés.
 


Ce dernier résultat, s'ajoute aux questionnements, que l'on sent croissant à l'IAS, sur les observations autour de la persistance de l'activation immunitaire chez toutes les personnes vivant avec le VIH, charge virale contrôlée ou pas.