Papillomavirus : une infection courante qui pourrait être évitée

Issoufou Yaya et Véronique Boyer (Institut de Recherche pour le Développement, équipe TransVIHMI) publient, sous la direction de Christian Laurent, une étude financée par Sidaction sur l’infection par le papillomavirus chez les hommes homosexuels en Afrique de l’Ouest.
Publié le 14.04.2021.

L’infection par le papillomavirus humain (HPV – Human Papillomavirus) est la plus courante des infections virales sexuellement transmissibles. Un grand nombre de ces infections sont asymptomatiques mais une part d’entre elles peuvent entraîner des lésions précancéreuses ou, en l’absence de traitement, des cancers. Cette étude a permis de déterminer les taux d’infection par le HPV chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Togo).

Parmi les 631 personnes de l’étude, la prévalence globale est de 28% chez les HSH séronégatifs et de 56% chez les HSH séropositifs, mais hétérogène selon les pays. Les risques d’infection sont plus élevés chez les personnes qui s’identifient comme homosexuels, et moins élevés chez les personnes qui utilisent le plus les préservatifs et chez les personnes de plus haut niveau d’étude. Si les auteurs n’observent pas de cancers parmi les participants de l’étude, ils soulignent que 15% d’entre eux présentent des lésions anales, génitales ou orales. Ils plaident pour la mise en place de campagnes de prévention, de diagnostic et de traitement chez les personnes les plus à risque. Ils précisent aussi que la vaccination peut empêcher de très fortes proportions de ces infections (jusqu’à 55% des infections chez les HSH séropositifs par un vaccin nonavalent). Ils plaident ainsi pour la mise à disposition de ces vaccins dans ces populations, alors qu’ils ne le sont pas encore et que les plans de de vaccination visent pour l’instant les jeunes filles exclusivement.

Pour aller plus loin : Yaya I et al., Heterogeneity in the prevalence of high-risk human papillomavirus infection in HIV-negative and HIV-positive men who have sex with men in West Africa, Clinical Infectious Diseases 2021