Réponses immunitaire

Face au VIH, il faut savoir réinterroger les acquis
Publié le 02.07.2013.
Les idées reçues sur l'immunité innée n'ont qu'à bien se tenir, car ce type de réponse immunitaire, considérée comme étant spontanée, pourrait aussi avoir une dimension acquise. Le travail d'Uriel Moreno Nieves, doctorant à l'Institut Pasteur à Paris le suggère fortement. Il étudie les cellules tueuses naturelles : NK, pour Natural Killer.
 
Elles font partie de l'immunité innée, première barrière de protection, classiquement connue pour intervenir rapidement et de manière non-spécifique face à un élément étranger s'invitant dans l'organisme. Elle induit, notamment, des signaux qui permettent la mise en place d'une réponse immunitaire secondaire spécifique. On dit de l'immunité innée qu'elle réagit avec une intensité et une vitesse égale quel que soit le nombre de rencontres avec un même pathogène. Ce qui fait la différence par rapport à la réponse immunitaire adaptative qui - elle - nécessite un temps « d'apprentissage », lors de la première rencontre de l'organisme avec un élément étranger, puis va s'activer plus rapidement les fois suivantes.
 
Autrement dit, la réaction adaptative s'acquiert, alors que l'innée est spontanée. Mais cela n'implique pas forcement que cette dernière ne puisse pas s'« éduquer » aussi (von Andrian UH. et al., Immunol Rev. 2010 May). C'est, notamment, ce qu'Uriel Moreno Nieves montre dans un travail in vitro, exposé dans son poster au symposium « Towards an HIV Cure », prè-conférence de l'IAS 2013 à Kuala Lumpur. Les NK pourraient devenir plus efficaces contre le VIH après une exposition aux cellules dendritiques infectées par un candidat-vaccin, le MVAVIH développé par l'agence nationale de la recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS).
 
Un résultat qui montre, une fois encore, la complexité du système immunitaire. Face au VIH, chaque frein, même partiel, à la progression de l'infection doit être pris en compte et étudié.
 
Il faut parfois savoir réinterroger ce que l'on pensait acquis et c'est la combinaison de différents éléments qui pourrait amener à un contrôle plus important de l'épidémie.