Retard de croissance chez les adolescents nés avec le VIH

Pour ses travaux de recherche Julie Jesson, post-doctorante financée par Sidaction, s’est intéressée à la prise en charge nutritionnelle et la croissance des adolescents, de pays à ressources limitées, nés avec le VIH. Les résultats de son étude viennent d’être publiés...
Publié le 11.12.2019.

En 2016, l’ONUSIDA a estimé à 2,1 millions le nombre d’adolescents vivant avec le VIH dans le monde; dont 80% de l’effectif vivant en Afrique subsaharienne.  Il y a encore aujourd’hui entre 300 et 500 nouveaux cas d’infections de nouveau-nés chaque jour dans cette zone ; avec entre 25 et 50% de mortalité dans les deux ans si aucun traitement n’est mis en place. L’accès aux antirétroviraux (ARV) a permis de réduire le taux de mortalité infantile liée au VIH, entrainant une augmentation de la population d’adolescents vivant avec le VIH. Un autre problème majeur se pose dans ces pays à ressources limitées : la malnutrition des enfants et adolescents. Ajouté aux effets délétères de l’infection VIH, les enfants rentrent dans un cercle vicieux. En effet la malnutrition altère les défenses de l’organisme conduisant à une progression de l’infection et dans le même temps l’inflammation chronique et les maladies opportunistes liées à l’infection VIH affaiblissent l’état nutritionnel. Ces différents éléments vont impacter de manière importante la croissance de ces adolescents.

Une collaboration internationale a été mise en place pour mesurer l’évolution de la croissance des adolescents nés avec le VIH. Cette étude (https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1002/jia2.2541), menée par la Dr Jesson, s’est portée sur 8737 adolescents et adolescentes ; ayant reçu des soins entre 2003 et 2016 en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est, en Amérique Centrale et aux Caraïbes. L’analyse de la croissance s’est basée sur un ratio taille-pour-âge, comparé avec les données de référence (issues de populations en bonne santé) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les résultats montrent que les adolescents nés avec le VIH présentent un fort retard de croissance. A 10 ans, 34% des adolescents de la cohorte ont un retard de croissance. Pour autant, bien que ce retard de croissance semble se poursuivre avec l’âge chez les garçons (48% de retard à 15 ans), il n’en est pas de même pour les filles qui ont une meilleure croissance par la suite (25% de retard à 15 ans). De nombreux facteurs expliquent le retard de croissance observé chez ces adolescents, le facteur prédominant étant l’initiation tardive du traitement. Les chercheurs ont également noté qu’un faible taux de lymphocytes T CD4 pouvait impacter la croissance.

Des efforts doivent être menés dans ces pays afin de palier à ces problèmes de retard de croissance dans ces populations. Une meilleure prise en charge des enfants et adolescents tant au niveau nutritionnel que de santé globale doit être mise en place pour leur permettre de grandir et de vivre dans les meilleures conditions.

Pour en savoir plus : https://transversalmag.fr/articles/995-Julie-Jesson-VIH-et-retard-de-croissance