Symposium « Towards an HIV Cure »

Un temps à part pour réfléchir à la perspective de l’éradication
Publié le 02.07.2013.

Le symposium « Towards an HIV Cure » organisé par l'International AIDS Society (IAS) s'est déroulé le weekend précédent la conférence sur la pathogénèse, le traitement et la prévention du VIH, les 29 et 30 juin. Une pré-conférence qui a réuni plus de 250 personnes d'horizons divers : chercheurs, cliniciens et représentants des personnes vivant avec le VIH.


Présents pour deux jours dans une même salle, les participants n'ont guère d'occasions de se recroiser lors de la conférence principale (du 1er au 3 juillet). Celle-ci donne lieu à de nombreuses sessions en parallèle, classée par thématiques et incitant donc les virologistes à aller dans des sessions de virologistes, les sociologues dans les sessions de sociologues, etc...

Ainsi, ce temps de partage d'informations multidisciplinaires a été particulièrement apprécié.
Au programme : des posters et des présentations orales en recherche fondamentale et clinique, notamment sur les cofacteurs cellulaires liés à la latence du VIH, ou des molécules qui présentent un potentiel pour exposer l'ADN-VIH latent aux facteurs de transcription, première étape vers une purge du réservoir viral (voir Transversal N° 68 : « Le réservoir du VIH »). Mais aussi : deux tables rondes, très interactives, qui ont rencontré beaucoup de succès.

Le dimanche, la session sur « l'éthique et les attentes des patients » était remarquable par la qualité des interventions des 6 orateurs (Jeremy Sugarman, John Hopkins Berman Institute of Bioethics, Etats-Unis, Laurindo Garcia, B-Change Group, Philippines, Bruno Spire, Inserm, France, Rowena Johnston, amfAR, Etats-Unis, Sharon Lewin, The Alfred Hospital, Monash University et Burnet Institute, Australia et Eric Fleutelot, Sidaction, France) et de la modératrice (Jintanat Ananworanich, Thaïlande), ainsi que, le nombre et la diversité des personnes (cliniciens, associatifs, chercheurs) qui se sont exprimées dans la salle.

Globalement, deux jours durant lesquels l'importance de l'investissement des chercheurs dans l'initiative « Towards an HIV cure » et des avancées récentes a été soulignée, sans occulter les difficultés rencontrées. La particularité de l'implication des personnes vivant avec le VIH dans des essais visant une éradication du virus a été discutée.

Une réflexion tout à fait nouvelle, car il s'agit de personnes bénéficiant ou pouvant bénéficier de traitements dans un cadre à présent connu, auxquelles il est proposé de tester des stratégies encore méconnues, avec des perspectives lointaines, donc probablement sans bénéfice direct pour elles-mêmes.

L'espoir que suscite l'évocation d'une « cure, cure fonctionnelle, stérilisation, rémission, ... » - les termes sont discutés -, est bien présent. Cependant, il a été clairement (re)précisé que la prudence doit être de rigueur, notamment dans le cadre des communications vers un large public. Faut-il le rappeler ? Aujourd'hui, il n'y a ni vaccin préventif, ni traitement permettant la guérison.
 

Après Vienne en 2010 et Washington en 2012, cette nouvelle édition du symposium « Towards an HIV cure », a répondu aux attentes en termes de contenu scientifique, d'implication des personnes vivant avec le VIH et de temps d'échanges. On espère un prochain rendez-vous à Melbourne pour la conférence mondiale sur le VIH/sida en 2014.