Données épidémiologiques VIH/sida France 2019

Le sida en France : une épidémie bien réelle

L’agence nationale Santé Publique France rendra disponible le 30 novembre prochain les chiffres actualisés sur l’épidémie de VIH en France.

En attendant, voici ce qu’il faut retenir des chiffres 2018 :

En France, près de 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité VIH en 2018. Le nombre total de découvertes de séropositivité a diminué entre 2017 et 2018 (-7%), après plusieurs années de stabilité. « Cette diminution ne concerne que la dernière année et, reposant sur des données corrigées, sera à confirmer avec un recul a minima d’une année supplémentaire », précise Santé publique France.

 

DES INFECTIONS EN MAJORITÉ PAR RAPPORTS HÉTÉROSEXUELS

Les personnes ayant découvert leur séropositivité en 2018 ont été infectées par rapports hétérosexuels (56%), rapports sexuels entre hommes (40%), usage de drogues injectables (2%), ou un autre mode de transmission (2%). Les hommes ont été contaminés majoritairement par rapports sexuels entre hommes (61%). Quant aux femmes, elles ont été contaminées par rapports hétérosexuels pour 96% d’entre elles. Entre 2013 et 2018, le nombre de découvertes de séropositivités VIH a diminué chez les personnes nées en France (-19%). Il diminue également chez les hommes hétérosexuels nés à l’étranger (-14%), mais reste stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger. Une très forte hausse est constatées chez les hommes homosexuels nés à l’étranger (+38%, quand ce taux baisse de 16% chez ceux nés en France). Ces données soulignent les inégalités de santé en fonction de l’origine et doivent nous conduire à adapter et renforcer les programmes de prévention, de dépistage et d’accès aux soins des populations parmi lesquelles l’épidémie est la plus dynamique. .

 

L’ÎLE-DE-FRANCE ET LES DÉPARTEMENTS FRANÇAIS D’AMÉRIQUE EN PREMIÈRE LIGNE

Comme les années précédentes, les taux de découvertes de séropositivité sont hétérogènes sur le territoire français; ils sont beaucoup plus élevés dans les départements français d’Amérique, notamment en Guyane. En métropole, le taux de découvertes est plus élevé en Ile-de-France que dans les autres régions.

 

UNE DÉCOUVERTE A UN STADE AVANCÉ QUI RESTE STABLE

Depuis 2013, la part des diagnostics à un stade avancé de l’infection (stade sida ou moins de 200 CD4/mm3 hors primo infection) parmi les découvertes de séropositivité reste stable, elle est de 29% en 2018. Elle est plus faible chez les usagers de drogues par voie intraveineuse (55% découvrent tardivement leur séropositivité), chez les hommes et les femmes hétérosexuels (35% versus 21% chez les hommes homosexuels) et notamment chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger (32% versus 26% chez les femmes hétérosexuelles nées en France).

 

RENFORCER LE DÉPISTAGE

Dans un contexte où l’on estime à plus de 24 000 le nombre de personnes ne connaissant pas leur séropositivité, l’augmentation de l’activité de dépistage est un bon indicateur, pour peu que cette activité permette de toucher les personnes les plus exposées et de les toucher le moins tardivement possible après l’infection.

Rappelons que le dépistage régulier des autres IST, couplé à celui du VIH, reste indispensable dans une approche globale de santé sexuelle. Un diagnostic précoce des IST chez les personnes découvrant leur séropositivité et leurs partenaires, suivi d’un traitement conforme aux recommandations, est indispensable pour interrompre leur transmission.


Chiffres : Santé Publique France