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Réduire le nombre de nouvelles contaminations, amener vers le dépistage les personnes qui ignorent être porteuses du VIH, accompagner vers le soin les personnes les plus fragiles : il reste tant a faire aujourd’hui en France

Près de 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité en 2018, un nombre en diminution par rapport à 2017 (-7%).

Parmi ces personnes, 29% étaient diagnostiquées à un stade avancé de la maladie, alors que leurs défenses immunitaires étaient déjà très affaiblies. Ces proportions sont stables sur les trois dernières années. Or, on sait que les patients traités très rapidement après leur infection par le VIH ont de meilleures chances de contrôler le virus et une meilleure espérance de vie. Au-delà du bénéfice individuel, le bénéfice est aussi collectif puisqu’une personne efficacement traitée ne transmet pas le VIH.

Parmi les personnes diagnostiquées en 2018, plus de la moitié (52%) n’avaient jamais été testées pour le VIH auparavant. Ce chiffre montre que les efforts de sensibilisation au dépistage du VIH doivent être poursuivis. Malgré le nombre élevé de dépistages réalisés en France, on estime à 24 000 le nombre de personnes ignorant être porteuses du VIH aujourd’hui. La dynamique de l’épidémie est principalement associée aux personnes infectées depuis peu et non encore diagnostiquées. Réduire le délai entre l’infection et le dépistage est un enjeu majeur dans un contexte plus large de recrudescence d’autres IST qui favorisent la transmission du VIH.

Les populations marginalisées économiquement ou socialement, comme les Hommes ayant des relations Sexuelles avec les Hommes (HSH), les personnes transgenres, certains usagers de drogue, les travailleurs du sexe, les migrants ou encore les personnes détenues, sont particulièrement exposées au risque d’infection par le VIH et plus souvent éloignées du soin. Les dépistages rapides (Trod) réalisés par des associations allant au-devant des personnes les plus exposées sont les mieux à même de toucher des personnes séropositives qui l’ignorent (7,3 tests positifs sur 1000, contre 2,5 pour 1000 dans les filières classiques). Pérenniser et développer les actions de dépistage ciblé réalisées par des médiateurs de santé, multiplier plus largement les opportunités de dépistage sont plus que jamais nécessaires.

Parce qu’ils sont issus des communautés concernées, les acteurs communautaires sont aussi les mieux à même de diffuser l’information relative aux nouveaux outils de prévention dont on dispose aujourd’hui, comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) qui consiste à prendre un traitement pour éviter une contamination.

Mais si l’accès à la prévention et au dépistage n’est pas égal pour tous, l’accès aux soins ne l’est pas moins. Lorsque les besoins fondamentaux ne sont pas assurés, prendre soin de sa santé peut difficilement être une priorité. Les conditions de grande précarité dans lesquelles se trouvent les personnes malades dans l’attente d’un titre de séjour pour soin peuvent, par exemple, entraver considérablement leur prise en charge. De même, prendre un traitement dans un environnement où l’on risque d’être rejeté si la séropositivité venait à être connue est difficile. Les enquêtes portant sur les personnes suivies à l’hôpital montrent une précarisation importante de leurs conditions de vie, et ce, avant même la crise sanitaire liée à la covid qui les a aggravées. Accompagner les personnes vivant avec le VIH pour assurer leur maintien dans le soin est une démarche globale, qui passe aussi par un soutien à l’accès aux droits, au logement, à tous les besoins fondamentaux. Les associations offrent également des espaces permettant aux personnes vivant avec le VIH de pouvoir parler librement de leur séropositivité avec d’autres personnes, ce qui, pour nombre d’entre elles, est encore inenvisageable dans leur cercle familial, amical ou professionnel. Ce « poids du secret » est souvent lourd à porter et peut parfois mener vers des situations d’isolement et de souffrance psychique.

Sidaction sélectionne les actions et les programmes qui répondent aujourd’hui encore aux besoins les plus urgents. Elle encourage l’innovation et les projets pilotes. Fonctionnant sur le modèle d’un incubateur, elle apporte une expertise technique et des fonds pour permettre la mise en place de programmes innovants, et concoure ensuite au passage de relais vers les acteurs institutionnels.

En 2019, Sidaction a soutenu 111 projets d'aide aux malades et de prévention, portés par 74 associations dans toute la France. Parmi ces actions, plusieurs projets concernaient la prévention auprès des gays, la prévention en milieu carcéral, la prévention et l’accompagnement global dans les Outre-mer ou encore l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH. Les autres projets concernaient l’accès aux droits et au soin de publics migrants et/ou en grande précarité, l’accompagnement global de personnes vivant avec le VIH, la prévention auprès de populations clés (travailleurs.euses du sexe, personnes trans, migrants).

Au-delà de son rôle de bailleur, Sidaction participe aux instances de discussion et d’orientation des politiques publiques de lutte contre le VIH. Son équipe travaille à l’identification de nouveaux besoins.

Ainsi, les enjeux du vieillissement des personnes vivant avec le VIH constituent un axe important d’exploration pour les années à venir. Des temps d’échange et de mutualisation sur cette thématique réunissent cliniciens, acteurs associatifs, chercheurs et institutionnels. Il s’agit de mieux spécifier les besoins des personnes vieillissant avec le VIH, d’identifier les actions déjà réalisées et les bonnes pratiques, notamment en matière de prévention des co-morbidités, mais aussi d’identifier les besoins non couverts pour favoriser l’émergence de nouveaux projets.

Au plan de la prévention, les jeunes gays sont plus particulièrement exposés au VIH mais l’éducation à la sexualité dispensée en milieu scolaire ne prend pas toujours en compte leurs besoins spécifiques. Réussir à toucher ce public est donc une priorité pour les acteurs de prévention. Après avoir produit un guide sur la réalisation d’actions ciblées sur internet, un groupe de travail est constitué pour aider les acteurs à mener des actions spécifiques sur les applications de rencontre en direction de ce public. Dans le cadre du financement d'intervention en milieu carcérale, Sidaction a également élaboré un guide sur les recommandations à destination des acteurs du milieu pénitentiaire

Parce qu’il reste tant à faire, Sidaction reste mobilisée sur tous ces fronts.