À l’initiative du Collectif des 10 choix politiques pour en finir avec le sida, les actrices et acteurs de la lutte contre le VIH demandent au gouvernement de rétablir la campagne nationale annuelle de prévention autour du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida.
Chaque année, cette campagne portée par Santé publique France constitue un rendez-vous essentiel pour informer le grand public sur le VIH, le dépistage et les moyens de prévention. Elle contribue également à lutter contre les idées reçues et la sérophobie.
En 2024, environ 5 100 personnes ont découvert leur séropositivité, dont 43 % à un stade tardif. Environ 9 700 personnes vivraient par ailleurs avec le VIH sans avoir été diagnostiquées.
Dans le même temps, les moyens de prévention évoluent. De nouveaux outils, comme la PrEP injectable à longue durée d’action, sont désormais disponibles. Il est donc essentiel que chacun puisse connaître ces solutions, comprendre comment elles fonctionnent et savoir comment y accéder.
La décision d’annuler cette campagne intervient alors que les pouvoirs publics viennent de réaffirmer leurs ambitions en matière de soutien à la lutte contre le VIH. La nouvelle feuille de route de la Stratégie nationale de santé sexuelle insiste sur la nécessité d’accélérer la lutte contre le VIH et fixe l’objectif d’éliminer la transmission du virus à l’horizon 2030. Cet objectif suppose de renforcer la prévention, le dépistage et l’information, et non de réduire les occasions de sensibiliser le grand public.
À l’heure où le Gouvernement affirme également vouloir renforcer la lutte contre la sérophobie, la disparition de cette campagne est un signal difficilement compréhensible. L’information et la sensibilisation sont des leviers essentiels pour déconstruire les préjugés et faire reculer les discriminations contre les personnes vivant avec le VIH.
Cette campagne n’est pas une simple opération de communication. Elle constitue un outil de santé publique et permet chaque année de remettre le VIH au cœur de l’espace public.
Dans une lettre, adressée à la ministre de la Santé et au directeur général de Santé Publique France, le Collectif alerte sur les conséquences de l’annulation de cette campagne et appelle à maintenir une politique de prévention ambitieuse, régulière et visible.
Pour atteindre l’objectif d’élimination de la transmission du VIH à l’horizon 2030, la mobilisation doit se poursuivre. Tant que le VIH n’a pas disparu, l’information, la prévention et le dépistage doivent rester une priorité.
Le VIH n’a pas disparu. La campagne du 1er décembre ne doit pas disparaître non plus.
