RECHERCHE APPLIQUÉE - ÉPIDÉMIOLOGIE

Reconstruire l’incidence de l’infection à VIH en Afrique subsaharienne par l’approche du rétrocalcul généralisé, à partir des diagnostics des personnes vivant avec le VIH/SIDA éligibles aux traitements antirétroviraux: le cas du Cameroun
Aides Aux Equipes

Hôpital Pitié-Salpétrière
INSERM U 943 - INSERM U 943 - Université Pierre et Marie Curie Paris 6
PARIS
Directeur du laboratoire : Dr Dominique COSTAGLIOLA
Responsable du projet : Dr Dominique COSTAGLIOLA

RÉSUMÉ

L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée par l’épidémie du VIH. C’est aussi dans cette région qu’on observe un déficit de données fiables pour surveiller l’épidémie. Pour optimiser la surveillance de l’épidémie du VIH dans cette région, l’ONUSIDA a développé un logiciel permettant d’estimer le pourcentage de PVVS dans la population. Toutefois, à ce jour il n’y a pas d’estimation du nombre de nouvelles infections par le VIH au niveau national dans les pays d’Afrique subsaharienne. Or la connaissance du nombre de nouvelles infections constitue un élément essentiel de mise en œuvre et de l’évaluation des programmes de prévention et de planification des ressources nécessaires à la prise en charge des patients. Dans les pays industrialisés, la notification des cas de SIDA a été un élément clé de la surveillance de l’épidémie du VIH. Les données sur les cas de SIDA ont été utilisées pour estimer le nombre de nouvelles infections par le VIH en utilisant la méthode du rétrocalcul. Cette méthode repose sur l’idée que la date d’apparition des signes du SIDA correspond à la date de l’infection par le VIH, augmentée de la durée d’incubation (durée entre l’infection et l’apparition des premiers signes cliniques). Ainsi si la durée d’incubation est connue, il est possible d’estimer le nombre d’infections survenues dans le passé à partir du nombre de nouveaux cas de SIDA diagnostiqué. La notification des cas de SIDA n’étant pas obligatoire dans les pays d’Afrique subsaharienne, l’utilisation du rétrocalcul n’est pas possible. Toutefois, les efforts entrepris par les pays en développement au cours de ces dernières années dans la sensibilisation au VIH, la prise en charge des malades et leur suivi ont amélioré le système de surveillance des PVVS.
Les données issues de ce système de surveillance, vont permettre d’estimer le nombre de nouvelles infections par le VIH survenu au cours d’une année en utilisant la méthode du rétrocalcul. C’est la première fois que cette méthode sera utilisée pour estimer les nouvelles infections par le VIH au niveau national au Cameroun ( et plus généralement dans les pays d’Afrique subsaharienne).
A partir de l’estimation du nombre de nouvelles infections par le VIH, on pourra en déduire une estimation du nombre de PVVS et une estimation du nombre de personnes qui ont besoin d’un traitement ARV (c’est-à-dire les PVVS ayant des CD4<200 mm3 ou CD4<350 mm3 chez la femme enceinte). Ces estimations sont indispensables à la surveillance de l’épidémie et la mise en place des mesures de prévention.

PUBLICATIONS

Ndawinz, Jacques DA, et al. "Factors associated with late antiretroviral therapy initiation in Cameroon: a representative multilevel analysis." Journal of Antimicrobial Chemotherapy 68.6 (2013): 1388-1399. http://jac.oxfordjournals.org/content/68/6/1388.short

MONTANT DE LA SUBVENTION :

85 508 € sur 24 mois lors de l’Appel d’offres 2009 – Date d’échéance d’utilisation des fonds : 30/09/13