RECHERCHE Appliquée - Épidémiologie

Peut-on mettre fin à l'épidémie du VIH avec les tests d'auto-dépistage ? Utilisation de modèles mathématiques pour déterminer si et sous quelles conditions l'auto-dépistage peut enrayer l'épidémie du VIH
Jeunes Chercheurs, Recherche Appliquée

FINANCEMENT

Porteur du projet : Amandine PEPIOT

Responsable Scientifique : Virginie SUPERVIE

Laboratoire : INSERM UMRS 1136 - Institut Pierre Louis d'Epidémiologie et de Santé Publique - Issy-les-Moulineaux - Ile-de-France

Montant : 102 000 € - Durée : 36 mois

RESUME

Durant les 20 dernières années, de grandes avancées ont été réalisées pour lutter contre l’épidémie du VIH. L’espérance de vie des personnes vivant avant le VIH a fortement augmenté grâce à la mise à disposition et à l’amélioration continue des traitements antirétroviraux. De plus, ces traitements permettent désormais d’empêcher la transmission du VIH à autrui en rendant indétectable la quantité de virus dans le sang et les autres fluides corporels des personnes infectées par le VIH traitées. On peut donc supposer que diagnostiquer et avoir accès au traitement rapidement après l’infection par le VIH permettrait de mettre fin à l’épidémie du VIH. Cela nécessite de réduire le délai entre l’infection et le diagnostic. 

Or, aujourd’hui, ce délai reste long. En France, 50% des individus qui sont infectés par le VIH sont diagnostiqués plus de 3,3 ans après leur infection. Une explication possible est que l’infection reste asymptomatique pendant des années et donc les individus n’éprouvent pas le besoin de se faire tester. Il y a donc un besoin urgent d’améliorer les pratiques de dépistage. Deux nouveaux outils d’auto-dépistage pourraient offrir de nouvelles opportunités pour augmenter la fréquence de dépistage : 1) l’autotest et 2) le kit d’auto-prélèvement qui permet le dépistage combiné de plusieurs infections sexuellement transmissibles. L’autotest du VIH est arrivé sur le marché en 2015 alors que le kit d’auto-prélèvement est actuellement en cours d’étude en France. A l’aide de données issues d’enquêtes sur les outils d’auto-dépistage et de modèles mathématiques faisant intervenir le processus de décision du dépistage et la perception de l’épidémie du VIH, nous chercherons à déterminer si et sous quelles conditions les nouveaux outils peuvent enrayer l’épidémie. Les facteurs déterminants qui seront pris en compte dans le cas de l’auto-dépistage sont : l’évolution de l’épidémie, la praticité, le prix et la fiabilité des tests ainsi que la bonne utilisation de ceux-ci. 

Les résultats obtenus pourront être traduits en nouvelles politiques de santé publique pour préciser les recommandations sur le dépistage, mieux comprendre les besoins des individus et accroître l’acceptabilité des outils de dépistage du VIH. L’objectif final est de contribuer à diagnostiquer plus tôt les infections à VIH, ce qui est primordial pour réduire la mortalité associée à l’infection et freiner l’épidémie.

Année

2019