RECHERCHE Fondamentale - Physiopathologie

Modifications de répartition et de fonction du tissu gras des sujets infectés par le VIH et traités : rôle synergique du virus et des molécules thérapeutiques de la classe des inhibiteurs d’ intégrase et étude des mécanismes en cause
Recherche Fondamentale

FINANCEMENT

Porteur du projet : Jennifer GORWOOD

Responsable Scientifique : LAGATHU Claire

Laboratoire : INSERM UMRS938 - Centre de Recherche Saint-Antoine - Paris - Ile-de-France

Montant : 31 350 € - Durée : 12 mois

RESUME

Les patients infectés par le VIH et traités présentent une répartition anormale de la masse grasse associée à des maladies métaboliques comme le diabète. Ces anomalies sont présentes même avec les nouvelles molécules antirétrovirales (inhibiteurs d’intégrase-INI). Il est donc important d’étudier le rôle spécifique du virus, présent au sein du tissu gras, et des INI dans ces atteintes. Dans la population générale, il a été montré que des atteintes de la répartition ou des fonctions du tissu gras ont des répercussions sur l’ensemble de l‘organisme notamment en augmentant le risque d’atteinte cardiovasculaires ou de diabète.

Mes premiers travaux de thèse montrent que le VIH induit une fibrose (dépôt excessif et néfaste de collagènes) et la présence de petits adipocytes (cellules du tissu gras responsables du stockage de l’énergie) non fonctionnels dans le tissu gras de macaques et de patients infectés. De plus, j’ai montré pour la première fois que des protéines du VIH induisent une accumulation anormale de collagènes et empêchent les cellules souches adipeuses de se différencier en adipocytes. L’ensemble de mes résultats suggère un rôle majeur du virus dans les atteintes du tissu gras. Cependant, la question du rôle spécifique des INI reste à explorer. Des études récentes montrent que, parmi les INI les plus prescrits le dolutégravir (DTG) favorise la prise de poids.

Une altération de la différenciation des cellules souches et une fibrose accrue participeraient à la dysfonction du tissu gras, en particulier à la résistance à l’insuline, qui peut précéder un diabète. De façon intéressante, des patients infectés par le VIH et sous INI présentent un diabète, suggérant un lien entre atteintes du tissu gras, INI/VIH et insulino-résistance. Nous souhaitons utiliser nos différents modèles pour évaluer l’effet synergique du virus et des INI dans ces atteintes. Mes résultats suggèrent que des protéines virales et le DTG induisent un vieillissement cellulaire, un stress oxydant et une fibrose. Cette 4ème année me permettra d’ analyser les mécanismes en cause, grâce à l’utilisation de molécules capables de prévenir leurs effets délétères. 

L’ensemble de ce travail permettra de mieux comprendre le rôle du VIH et des INI dans les atteintes du tissu gras. L’utilisation de molécules thérapeutiques capables de contrer ces altérations permettra de rétablir les fonctions du tissu gras et de prévenir les complications métaboliques observées chez les patients.

Année

2019