RECHERCHE Sciences sociales - Anthropologie

La patrimonialisation des minorités sexuelles et de la lutte contre le sida en France : une approche comparée.
Jeunes Chercheurs, Sciences Sociales

FINANCEMENT

Porteur du projet : Renaud CHANTRAINE

Responsable Scientifique : Véronique MOULINIE

Laboratoire : Institut Interdisciplinaire d'Anthropologie du contemporain (IIAC) -  Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) - Paris - Ile-de-France

Montant : 28 670 € - Durée : 11 mois

RESUME

Le sujet de recherche s'attache a la fois aux enjeux de mémoire(s) et de transmission des cultures des minorités LGBTQI (Lesbiennes, Gays, Bisexuel.les, Trans, Queer, Intersexe), et de la lutte contre le sida. A partir de quand et comment ces deux sujets prennent-ils une importance ? Comment sont-ils formulés ? Qui porte ces revendications ? Principalement centre sur la France ma recherche, grace a des enquetes menées a l'etranger (Allemagne et Pays-Bas notamment) sera restituée dans un contexte international. L’impact de l’épidemie et la succession des décès et des pertes matérielles (et mémorielles) consecutives, au sein de la communaute homosexuelle aurait conduit, au sein de certains de ses membres les mieux insérés socialement et culturellement, à une prise de conscience de l’importance de conserver les traces des luttes et du passé et d’en organiser la transmission. C’est ainsi qu’en France, les archives de grandes associations de lutte contre le VIH /sida, saisies sous le prisme de la santé (suppose plus "respectable" que la sexualité), ont commencé à rejoindre dès le début des années 2000, les collections publiques, mouvement qui se poursuit aujourd’hui. Il en va différemment pour les archives des associations et individus LGBTQI, vis-a-vis desquelles l’intêret des institutions culturelles est beaucoup plus récent et semble avoir été stimulé à la suite de la conquête de nouveaux droits sociaux, en particulier le mariage pour tous en 2013. Reconnaissances juridique, sociale et patrimoniale pourraient ici être mises en relation. Pour autant, il est très instructif d’observer les réticences des pouvoirs publics à apporter leur soutien à la création d’un centre d’Archives LGBTQI de type communautaire à Paris, projet qui depuis presque vingt ans fait l’objet de multiples controverses. La patrimonialisation, qui renverrait à la légitimation, pour la communauté LGBTQI, d’une forme de « droit à la mémoire », ne pourrait-elle s’exprimer que dans le cadre républicain et universaliste des institutions publiques patrimoniales ? Comment des lors envisager les initiatives privées de collectes et de conservation des mémoires portées depuis parfois plusieurs décennies par des militant.es ou des associations ?

Année

2019