RECHERCHE Sciences Sociales - Sociologie

Les liens entre Internet, conduites sexuelles à risque et prévention du VIH chez les hommes au Cameroun.
Jeunes Chercheurs, Sciences Sociales

Financement

Porteur du projet : Larissa KOJOUE
Responsable Scientifique : Laurent VIDAL

Laboratoire : Sciences Economiques et Sociales de la Santé et Traitement de l'Information Médical - SESSTIM - INSERM UMR912 - Observatoire Régional de la Santé PACA
MARSEILLE - Provence Alpes Côte d'Azur

Montant : 99 400  € - Durée : 24 mois

Résumé

Au Cameroun, la prévalence du VIH/sida est dix fois plus élevée chez les HSH (44% dans la ville de Yaoundé) que dans la population générale (4,3%). Les HSH souffrent d’une très forte stigmatisation qui les oblige à vivre clandestinement leur orientation sexuelle et les éloigne des opportunités de soins et des services de santé. Grâce à internet, ils ont la possibilité d’étendre leurs réseaux sexuels et de multiplier les partenaires. Des études ont montré qu’il existe un lien entre la recherche de partenaires sexuels en ligne, l’exposition aux risques et l’infection par le VIH et IST. L’objectif de cette recherche est de voir dans quelles mesures Internet modifie les conduites sexuelles des HSH au Cameroun. Plus fondamentalement, dans le contexte de développement de nouvelles stratégies biomédicales comme la PrEP (en anglais Pre Exposure Prophylaxy) qui présente des résultats remarquables en terme de réduction des risques d’infection, il s’agit de voir quel est son intérêt et son acceptabilité chez les HSH camerounais. En effet, avec l’extension des réseaux sexuels qu’offre les sites de rencontres sur internet, les risques de transmission et de propagation du VIH sont multipliés. Grâce aux avancées médicales comme la PrEP, les populations les plus à risque disposent d’un outil de prévention d’une efficacité prouvée et recommandée par l’OMS. Peu d’études ont cependant déjà été réalisées sur les HSH au Cameroun, de sorte qu’on sait peu de choses sur les déterminants qui affectent la dynamique de l’épidémie, ainsi que sur les modalités de prévention adaptées au contexte. En prenant internet à la fois comme entrée méthodologique et comme objet d’étude, les données seront collectées à travers des questionnaires et des interviews réalisées en ligne et en face à face. Cette méthode de recherche dite méthode mixte, sera appliquée dans deux grandes villes (Yaoundé et Douala) et deux villes plus petites (Bafoussam et Bamenda). Nos répondants, des hommes de 18 et plus seront recrutés sur des sites de rencontres et à partir des associations communautaires. Menée à terme, cette recherche pourra contribuer à améliorer la réponse du Cameroun et d’autres pays de la région à l’épidémie de VIH, surtout vis-à-vis des groupes les plus exposés aux risques comme c’est le cas des HSH.

Année

2016