RECHERCHE Sciences sociales - Sociologie

Les homosexuels et la PrEP :réception, usages et appropriations d’une nouvelle technique biomédicale de prévention du VIH.
Jeunes Chercheurs, Sciences Sociales

Financement

Porteur du projet : Mélanie PEREZ (Post-doctorat)
Responsable Scientifique : Mathieu TRACHMAN

Laboratoire : Démographie, genre et sociétés - Institut national d'études démographiques - INED
PARIS - Ile-de-France

Montant : 84 459 € - Durée : 24 mois

Résumé

Plus de 30 ans après le début de l’épidémie, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) restent la principale population concernée par le VIH. Cette situation épidémiologique conduit les pouvoirs publics à penser et à proposer de nouvelles stratégies de prévention, dont fait partie la Prophylaxie Pré-Exposition (PrEP). Si plusieurs études épidémiologiques et en santé publique ont permis d’évaluer et de démontrer l’efficacité de la PrEP, les manières dont les hommes homosexuels s’approprient cette nouvelle technique et les reconfigurations des rapports au risque qu’elle induit n’ont pas été étudiés.

Le projet de recherche post-doctorale proposé entend identifier les déterminants sociaux du recours à la PrEP chez les homosexuels masculins à Paris/Ile de France. Cette recherche porte une attention particulière aux hommes homosexuels qui ne prennent pas la PrEP (qu’ils la refusent, la méconnaissent ou n’y portent pas d’intérêt), alors qu’ils peuvent en bénéficier dans la mesure où ils ont des relations non protégées avec au moins deux partenaires sur une période de six mois. En portant un intérêt particulier à ces non usagers, ce projet propose un éclairage original des déterminants sociaux du recours à la PrEP chez les hommes homosexuels, sujet qui n’a à ce jour pas fait l’objet d’une étude spécifique. Au regard du contexte épidémiologique, il est indispensable de s’intéresser à ces hommes pour identifier les ressorts d’un (non)engagement, les résistances et les freins dans le (non)recours à la PrEP.

En plus de s’intéresser aux ressources et capitaux nécessaires à l’appropriation de cette nouvelle technique de prévention biomédicale complexe, de façon plus générale, ce projet entend contribuer à l'étude des subjectivations homosexuelles contemporaines. Au-delà de la nouvelle technique de prévention qu’elle représente, la PrEP constitue un support d’identification. Ce projet permettra d’étudier les nouvelles formes de sociabilités et de rapports à soi qu’engage la PrEP. Il s’appuiera sur une analyse comparative des trajectoires biographiques d’hommes homosexuels n’ayant pas recours à la PrEP et d’hommes homosexuels ayant recours à la PrEP. Ce matériau sera complété par des données recueillies sur les applications téléphoniques et les sites de rencontres entre hommes, et les réseaux sociaux ; et par des entretiens auprès des acteur-rice-s (médecins et associatifs) participant à la mise en oeuvre de la PrEP.

Année

2017